À LA CROISÉE DES ÂMES
La Nature ne produit pas d’art, n’est-ce pas ? L’art surgit de l’imagination humaine. Soit par sa production, soit simplement par son regard sur les productions naturelles.
Un arbre, par exemple, tout magnifique qu’il nous apparaisse est en fait là sans intention à notre égard, ni à l’égard de qui ou quoi que ce soit ! Il est là parce qu’il est, comme nous sommes, sans être la création de quiconque (sauf peut-être de nous-même…). Pourtant notre regard sur l’arbre, ou notre regard sur nous-même, voire notre regard sur toute chose (objet ou sujet) transforme l’observé en œuvre : l’œuvre de notre observation, que nous allons attribuer presqu’inévitablement à une autre origine, la plupart du temps à une mystérieuse puissance créatrice transcendante. Est-il nécessaire de nommer les innombrables concepts inventés pour cela ?
RÉACCORDER UN MONDE DE DISCORDES …
Qui aujourd’hui oserait prétendre que le monde va bien ? Qui pourrait dire que nous vivons dans l’harmonie ? les chantres du progrès qui continuent d’entrainer la société humaine vers plus de consommation, plus de prétendue science (mais surtout vers plus de technologies) eux-mêmes le reconnaissent : nous sommes emportés dans une tourmente dépressive. Seuls les cyniques et les abrutis bombent le torse. Emportés dans de sombres pensées sur l’avenir peu reluisant que la société humaine nous promet, nous observons catastrophes naturelles et guerres à travers des commentaires et des études statistiques qui ne peuvent nous convaincre que d’une chose : il doit y avoir une autre façon de penser le monde que celle qui nous entraine vers le pire depuis des décennies et que cultivent avec perversité nos dirigeants et leurs laquais !
COMME CE CYGNE QUI NAGE SUR NOTRE ÂME TROUBLÉE…
COMME CE CYGNE QUI NAGE SUR NOTRE ÂME TROUBLÉE…
Crois-tu que tu puisses choisir à chaque instant la direction que tu veux prendre, ou que quelque soient les efforts que tu fais pour décider d’un avenir, tout est déjà écrit ? Souvent le monde se présente à nous comme un lieu de contraintes, un espace dans lequel nous ne pouvons que subir. En faisant au mieux les meilleurs choix dans ce qui nous est proposé, pour nous en sortir le mieux possible, pouvons-nous changer réellement notre destin ? Les souffrances de la vie humaine ne sont-elles pas inévitables ?
Pourtant nous ne cessons d’essayer de les éviter, ou tout au moins de ne plus les subir. Peut-être est-ce une attitude désespérée, mais peut-être cela vient-il d’une croyance profonde dans une autre possibilité : celle de créer l’avenir qui nous plaît.
« Espérer c’est démentir l’avenir »,disait Cioran. Mais quel avenir, si ce n’est celui que nous avons dessiné au moment où nous avons espéré ? Et cette détermination d’un avenir, qu’il soit souhaité ou détesté, provient de l’imprécision de l’instant, de notre incertitude sur la réalité, sur le présent et ses potentiels. Cette incertitude est une douceur, une faveur de la vie, qui nous permet de nous libérer de l’enfermement des certitudes.
LE TEMPS SUSPENDU
En vacances quelques jours à Nantes, j’ai effectué avec une amie « le voyage à Nantes », parcours d’œuvres d’art semées dans la ville, en extérieur et à l’intérieur d’expositions permanentes. Malgré la disparité de la qualité des œuvres présentées, parcours passionnant, car il m’a permis de découvrir la ville dans une autre perception. Dans cette perception décalée, le temps est découpé en périodes de banale appréciation de l’observation d’une ville agréable avec ses monuments, ses places, ses quais, ses rues piétonnes et ses passants, mais sommes toutes peu surprenante, et des interruptions provoquées par la rencontre avec les « œuvres » !
EMPRUNTER LES CHEMINS INVISIBLES
Si j’accepte l’effacement de ce qui ne me convient pas, de ce qui ne me touche pas, pour restituer ce qui m’émeut, alors je suis en accord avec ce que je suis, mon véritable Soi. L’incertain devient un socle de ma sécurité. Une de ses œuvres nous parle d’un arbre qui n’est…
CHOYER L’INCERTITUDE POUR DOMPTER LA PEUR
T’es-tu déjà senti déboussolé devant une œuvre d’art qui te fascine ?Ça vient de m’arriver à l’exposition de Anna-Eva Bergmann (1909-1987) au MAM, tellement impressionnante par sa puissance, la continuité de l’intention au cours de toute une vie, et cela en dépit de l’incertitude qui se manifeste d’évidence à travers chaque toile, soulignée par cette originalité : l’utilisation des reflets changeants du métal argent ou or.